Les Arnold, sculpteurs saintais du XIXème
Conférence de Gérard Godet, généalogisteDimanche 10 mai 2026

En partenariat avec les Amis des Temples de Saintes, nous avons accueilli, ce dimanche 10 mai au temple de Saintes, Gérard Godet pour une conférence consacrée aux Arnold. Cette intervention est le résultat de deux années de travail sur cette famille de sculpteurs qui a marqué, par ses œuvres, la ville de Saintes et sa région.
Gérard Godet au début de sa conférence avec l’affiche représentant la statue de Bernard Palissy située rue Berthonnière , photo Ams
Si ces sculpteurs sont bien connus à Saintes, il est en revanche plus difficile d’établir les liens unissant Camille Arnold et les deux frères Emmanuel FERNAND et Antoine Émile RAPHAËL, dits Arnold, ainsi que d’attribuer précisément leurs différentes réalisations.
Gérard Godet s’est heurté à différentes difficultés : plusieurs documents d'archives présentent des dates erronées, il lui a donc fallu se livrer à un travail minutieux pour tout vérifier et ainsi pouvoir rétablir la vérité et compléter les informations.
Camille Arnold arrive vraisemblablement à Saintes en 1844, où il ouvre un atelier de dessin, de peinture et de sculpture. Il rencontre alors Joséphine Paris,une institutrice, avec laquelle il a trois enfants, déclarés de père et de mère inconnus : Emmanuel FERNAND, Antoine Émile RAPHAËL et Noémie Lia JUANNA. Il n’épousera jamais la jeune femme et ne vivra avec elle et leurs enfants qu’en 1860 . Lors du recensement de 1872, on peut lire à côté du nom de ces derniers la mention « dit Arnold », il est aussi précisé qu’ils vivent avec leur mère, Joséphine Paris. Ce document permet ainsi d’établir leur filiation paternelle et maternelle.
Leur père forme les garçons à son art. Tous trois réalisent ainsi des autels, des chapiteaux et des tombeaux … Comment identifier avec sûreté l’auteur de telle œuvre lorsque aucune signature n’apparaît ?
En son absence, “le style Camille Arnold”, pour reprendre les mots de notre conférencier, permet de reconnaître le père : on note en effet la présence, sur les façades des autels qu’il a sculptées, d’une scène biblique encadrée par deux personnages debout sur des consoles. Les pans coupés situés aux extrémités sont généralement décorés d’anges. Pour le temple de Saintes, un article de presse du 27 février 1906 relatant son inauguration mentionne le cadet, Antoine Émile Raphaël . Parfois on peut lire « Arnold sculpteur » il s’agit alors de Camille Arnold, ses fils utilisent les signatures « Arnold, frs » ou «Arnold frères ». Les prénoms des deux jeunes gens derrière le maître-autel de l’église de Clérac apparaissent pour la première fois en 1864.
C’est notamment aux frères Arnold que l’on doit la statue de l'Enfant lecteur, qui a longtemps orné le jardin de la bibliothèque de Saintes voici une cinquantaine d’années, ainsi que celle de Bernard Palissy, rue Berthonnière. Leurs sculptures sont visibles principalement en Charente-Maritime, mais également en Charente, notamment à Bassac.
Antoine Émile se voit confier le moulage du portail de l’Abbaye aux Dames ainsi que ceux de trois chapiteaux de l’église Saint-Eutrope pour l’actuelle Cité de l’architecture et du patrimoine, à Paris.
La conférence s’est terminée par une séance de dédicace de l’ouvrage
Les Arnold, sculpteurs saintais du XIXème siècle, Gérard Godet
ISBN : 978-2-3225-8166-5
• Avaient fait le déplacement plusieurs descendants de ces sculpteurs :
J.-C. Lescouzère, arrière-petit-fils d’Emmanuel Fernand dit Arnold aîné venu de Saint-Ouen d’Aunis et V. Follet et sa cousine M. Noël, les arrière-petites-filles d’Antoine-Emile Raphaël dit Arnold jeune (la première venue d’Aubagne et l’autre de La Rochelle).
